Incontinence urinaire, dysfonctionnement du plancher pelvien, exercice et sport.

Résumé:
L’incontinence urinaire est définie comme « la plainte de toute fuite involontaire d’urine » et est un problème courant dans la population féminine avec des taux de prévalence variant entre 10% et 55% chez les femmes de 15 à 64 ans. L’incontinence urinaire la plus fréquente chez la femme est l’incontinence urinaire d’effort, définie comme une «fuite involontaire à l’effort ou à l’effort, à l’éternuement ou à la toux». Le but de cet article est de passer systématiquement en revue la littérature sur l’incontinence urinaire et la participation à des activités sportives et de fitness avec un accent particulier sur la prévalence et le traitement chez les athlètes féminines d’élite. L’incontinence urinaire d’effort est un obstacle à la participation des femmes aux activités sportives et de conditionnement physique et, par conséquent, elle peut constituer une menace pour la santé, l’estime de soi et le bien-être des femmes. La prévalence pendant le sport chez les jeunes athlètes d’élite nullipares varie entre 0% (golf) et 80% (trampolinistes). La prévalence la plus élevée se trouve dans les sports impliquant des activités à fort impact comme la gymnastique, l’athlétisme et certains jeux de balle. Un plancher pelvien «rigide» et solide positionné à un niveau optimal à l’intérieur du bassin peut être un facteur crucial pour contrer l’augmentation de la pression abdominale survenant lors d’activités à fort impact. Il n’y a pas d’essais contrôlés randomisés ni de rapports sur l’effet de tout traitement de l’incontinence urinaire d’effort chez les athlètes féminines d’élite. Cependant, il a été démontré que l’entraînement en force des muscles du plancher pelvien est efficace dans le traitement de l’incontinence urinaire d’effort chez les femelles pares dans la population générale. Dans les essais contrôlés randomisés, les taux de guérison signalés, définis comme <2 g de fuite sur les tests de pad, variaient entre 44% et 69%. L’entraînement des muscles du plancher pelvien n’a pas d’effets indésirables graves et a été recommandé comme traitement de première intention dans la population générale. L’utilisation de dispositifs préventifs tels que des tampons vaginaux ou des pessaires peut empêcher les fuites lors d’une activité physique à fort impact. Les muscles du plancher pelvien doivent être beaucoup plus forts chez les athlètes d’élite que chez les autres femmes. Il y a un besoin de recherche plus fondamentale sur la fonction musculaire du plancher pelvien pendant l’activité physique et l’effet de l’entraînement musculaire du plancher pelvien chez les athlètes féminines d’élite.

Bø K1.
Urinary incontinence, pelvic floor dysfunction, exercise and sport.
Sports Med. 2004;34(7):451-64.

Texte originel: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15233598